L'Arbre Assassiné

 

Écoutez...! Écoutez la vivre, écoutez comme elle respire, la grande Forêt. Aux cimes qui frôlent les cieux, où l'arbre naît, croît et prospère.

Dans la féconde et fauve terre; écoutez donc battre son cœur, et charmez-vous de ses couleurs, de ses senteurs, de sa lumière, de ses fougères géantes

Odeurs sucrées, terre vivante dans le bourdonnement des insectes.

Dans les hautes profondeurs, le cri déchirant du fracas, de la coupe, de la mort…

Naissance de l’homme a-t-on dit un jour, oui, c'est cela, monde multicolore.

 Afrique aux rêves brûlés par les rayons du soleil. Traits de fumées perdues dans le ciel des mouvances végétales. Harmonie ! Tout s'entrecroise et s'ordonne en une légère symphonie tropicale sous le clair-obscur.

Cependant que le soleil bute contre les cimes d'arbres en arbres, de feuilles en feuilles, jusqu’à toucher la chaude décomposition du sol, sentez cette odeur de terre humide.

L’arbre est tombé.

Traîné l’un contre l’autre dans un fracas imprévu.

Sous le bruit faisant barrage, au travers des rivières glissées de l'intérieur, au coeur du continent chaud, qui rend les hommes étranges, les laissent inconnus à eux-mêmes sur le bord du monde, après des mois de navigation fluviale, de portages gluants, de luttes incertaines dans la rumeur des rapides, de ces marches insensées que l'on arrache à chaque pas, Il passe et jamais ne s'écorche.  Il descend se laisse porté vers le centre paisible du cours d'eau étranglé, d'énergie rapides, bouillons d’écumes.. Dans un long frôlement sur les mangroves, il remonte les fleuves nourriciers. La grande forêt, pourtant formidable et grandiose, superbe reine aux feuillages, ne parvient elle non plus à le retenir dans sa folie végétale et sensuelle .Pour finir sa course dans un port au milieu des cris, des cargos. Cet arbre baigné de moiteur tropicale finira errant sur un quai, avant de rejoindre l’artiste.

Karen 2000

 

 

Le plus grand arbre africain
abattu pour la France


Arbre sacré, arbre pharmacie ou encore arbre producteur d’huile… le moabi est un arbre d’une grande importance pour les populations forestières d’Afrique Centrale qui, pourtant, voient ce symbole être accaparé par l’industrie forestière.
Le moabi, dont les spécimens les plus âgés peuvent atteindre 2 500 ans pour 70 m de hauteur, est un bois d’une excellente qualité qui attire la convoitise. Aujourd’hui et depuis plusieurs années, la société française Pallisco (une filiale du groupe français Pasquet Menuiseries) est le leader de l’exportation de moabi au Cameroun. Au total, la société contrôle 303 413 ha de forêt dans le district du Dia et a exporté quelque 16 025 m3 de bois en 2002, dont de jeunes arbres, ce qui est pourtant formellement interdit.
Environ 75 % des moabis coupés sont exportés en France pour être transformés en portes, fenêtres, parquets ou encore plancher de théâtre.

Ce commerce ne va pas sans créer des problèmes aussi bien sociaux, qu’environnementaux. Depuis l’arrivée de l’entreprise française, il y a plus de 30 ans, dans l’Est du Cameroun, les conflits autour du moabi se multiplient. Selon l’organisation environnementale Les Amis de la Terre, qui vient de publier un rapport sur cette problématique, 90 % des vieux moabis en âge de fructifier sont abattus. A terme, cet arbre risque de disparaître et de priver les villageois de plus de 50 préparations médicinales différentes, ainsi que d’un revenu substantiel provenant de la commercialisation de l’huile extraite des graines de cet arbre vénéré par les Pygmées baka de Dimpam, les premiers habitants de ces forêts.

Alors qu’au niveau mondial, la préservation des forêts tropicales est au cœur des discussions sur la biodiversité, d’après les Nations Unies, chaque année 14,2 millions d’hectares de ces forêts disparaissent, soit une superficie équivalente à la totalité de la couverture forestière Française. En outre, cette disparition cause directement l’extinction, chaque jour, de 140 espèces (animales et végétales) dans le monde

Oui me direz vous, nous en avons vécu personnellement pendant des années...  mais nous replantions et nous n'avons pas exploité ce bois