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Lettre ouverte ……à

Je ne sais pas finalement ce
qui est le plus dur à supporter.
Le fait que quelqu'un qui vous a dit, qui vous a écrit, un nombre
incalculable de fois qu'il vous aimait, passionnément, à la folie,
que vous étiez merveilleuse, un jour soudain s'aperçoive que cet
amour s'est envolé. Comme ça... aussi soudainement qu'il était
apparu laissant à penser que finalement il avait tout simplement
confondu désir et amour. Ou alors cette sensation de trahison qui
jaillit du déni des promesses faites et qui fait voler en éclat
toute possible confiance jusqu'à remettre en cause tout ce qui a été
vécu. Qui fait qu'on s'interroge sans fin sur le pourquoi, le
comment, le sens qu'il faut donner à ce qui s'est passé. S'il s'est
vraiment passé, au bout du compte, quelque chose de véritable. Qui
fait douter de tout et de rien. Qui me fait douter de moi. De mes
choix.
Un amour qui s'en va, je peux le comprendre, le surmonter. Même si
c'est difficile à admettre. Qu'y faire de toute façon? Ce sont des
choses qui arrivent.
Mais la déception? Le fait de se dire qu'on s'est trompé depuis le
début.
Je repense à ces mails, à ces coups de téléphone, à ces promesses,
ces va t-en, ces reviens d’avoir accepté si longtemps sans
comprendre parce que follement amoureuse d'être seulement qu’un
fantasme. De ne pas avoir compris qu'on n'était plus dans ce grand
Amour indestructible, si toutefois on l'a été, mais dans la vie. La
vraie. Celle qui fait mal.
Je me demande, interrogation sans fin, comment quelqu'un qui a été
si proche de moi à me donner la sensation de me fondre en lui et de
ne faire qu'un avec lui, peut à ce point méconnaître aujourd'hui mes
réactions et me blesser encore et encore.
Si j’avais su que c'était cela la règle du jeu: « tu prends ce que
je te donne et je te donne ce que je veux. Et, si ça ne te plait pas
c’est pareil. Je n’ai cessé de lui donner…c'est ça le don
inconditionnel de soi. C’est aimé sans compter attendre en silence
Me serais-je racontée, aveuglée par mon besoin d'y croire,
l'histoire dont j'avais besoin. A me persuader que j'avais, enfin,
rencontré celui que j'attendais, l'amant, le maître, l'ami aussi
(l'ami qu'il ne veut même pas être) et je me retrouve aujourd'hui
face à un homme mouvant, comme les sables.
Alors forcement, je m'englue. Et plus je me débats pour me dégager,
plus je m'enfonce.
Ça pèse et ça fait mal.
K

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