|
Souvenir …Voyage

Le train s’enfonce dans
l’aurore matinale, et je me perds dans les méandres de mes rêves.
À contre-jour sur l’aube orangée lointaine qui émane de la capitale,
les tentacules énergétiques des lignes à haute tension tracent leurs
écheveaux rouges intermittents. Dans le ciel matinal les avions
glissent vers l’aéroport, effleurant de leurs descentes rectilignes,
les croissements lumineux des fourmis automobiles de l’A1. Nous
partions à Londres.
Paris, c’est ma respiration qui s’accélère en bouffées retenues pour
ne plus inspirer l’air corrompu. C’est ce slalom perpétuel dans le
grouillement humain arpentant l’asphalte, dans la laideur d’un
mobilier urbain publicitaire. Paris c’est aussi la moiteur compacte
de son métro sale et bruyant, que je ne prends jamais par bonheur.
Ce sont les limousines de la technocratie, défilant devant la misère
allongée sur les bouches d’aération, Paris ce sont aussi des
parcelles de rêve virevoltant dans la magie chatoyante des quais,
illuminés par le faisceau des projecteurs vagabonds glissant le long
des flots sombres de la Seine. Comme il est bon de se remémorer ces
rares instants de plénitude, passés à arpenter ces rues, ces parcs
ces salons de thé.
De ce souvenir de ces après-midi au café de Flore ou sur les quais à
regarder la vie s’écouler, ou encore s’asseoir sur notre banc
magique…celui qui un jour…nous à enfin permis de nous toucher.
Mélancolie du plaisir de vivre chaque instant de ma vie auprès de
Lui. se souvient il de l’odeur chaude des soirs d’été sur le
pont des arts. Chaque jour qui passait, nous nous étonnions de la
force de notre amour. Derrière nous la ville s’éteint peu à peu, ce
souvenir encore et encore des petites ruelles pavées, vestige du
vieux quartier juif avec ces petites ruelles qui faisait penser à
Doisneau, avec ses places, ses bancs occupés par les clochards et
ces vieux immeubles des années trente qu'il aime tant aux
façades déjà renoircies par les fumées urbaines. Parfois quand je
retourne dans ces endroits qui ne sont qu’a nous mes yeux s’embuent,
j’erre seule dans cette ville…et je savoure le plaisir d’imaginer
que nous ne nous connaissions pas, pour retrouver cette souffrance
délicieuse de vous désirer comme pour la première fois. La
transparence de vos yeux bleus en surimpression sur la ville est à
jamais inscrite dans l’âme de ma mémoire. Je vous aime tellement, je
voulais vieillir auprès de vous, savourer la lente corruption du
temps s’emparant de nos êtres, admirer les rides sur mon visage sans
en avoir peur et nous trouver beaux, éternellement beaux malgré la
vieillesse, car l’amour immortalisera ma jeunesse.
Partance pour Londres
K

 |